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Sodium et besoins en trail longue distance : un guide pratique pour les coureurs

  • Photo du rédacteur: Atalen
    Atalen
  • 30 juin
  • 7 min de lecture
Randonneur en short orange courant sur un sentier rocheux au bord d’une côte, face à la mer sous un ciel nuageux.

Le sodium fait partie des sujets qui deviennent soudain très importants après une course ratée sous la chaleur, une grosse fringale ou une fin d’ultra avec l’estomac retourné. Il compte vraiment, surtout en trail long, mais il ne règle pas tout à lui seul.

L’objectif n’est pas de remplacer chaque milligramme perdu dans la sueur. L’objectif est de boire assez, d’éviter une perte de sodium trop importante, de continuer à absorber des glucides et de garder un ventre capable de suivre le plan.

Réponses rapides

Combien de sodium faut il par heure en trail ?

Beaucoup de coureurs peuvent commencer autour de 300 à 600 mg de sodium par heure sur les efforts longs. Par forte chaleur, sur ultra ou chez les gros transpireurs salés, 600 à 1000 mg par heure peut être plus adapté.


Les besoins en sodium changent ils en trail ?

Oui. Les besoins en sodium en trail peuvent augmenter avec la chaleur, les longues montées, une allure plus lente mais prolongée, et un temps d’effort plus long.


Faut il remplacer tout le sodium perdu dans la sueur ?

En général, non. Le remplacement complet est rarement réaliste et peut poser des problèmes digestifs. Il vaut mieux remplacer une partie des pertes tout en gérant l’eau, les glucides et le confort intestinal.


Le sodium peut il éviter l’hyponatrémie ?

Le sodium seul ne protège pas si l’on boit trop. La priorité pour réduire le risque d’hyponatrémie d’effort est d’éviter de trop boire, surtout sur les épreuves longues.


Vaut il mieux prendre des pastilles de sel, une boisson énergétique ou des aliments salés ?

Les trois options peuvent fonctionner. La boisson est pratique, les capsules sont précises, et les aliments salés peuvent aider en ultra si l’appétit est encore là.

Table des matières

Pourquoi le sodium compte, mais jamais seul

Cinq randonneurs colorés montent un sentier rocheux en montagne, avec vallées et sommets en arrière-plan.

Le sodium aide à maintenir l’équilibre hydrique, participe au fonctionnement nerveux et musculaire, et améliore la rétention des liquides quand on cherche à se réhydrater après une perte de sueur. Cela ne veut pas dire que plus de sodium donne automatiquement une meilleure course.


En endurance, le sodium doit être pensé avec le reste. L’eau, les glucides, le débit de transpiration, la météo, l’intensité, la durée et la tolérance digestive comptent tous en même temps. Un coureur peut prendre 800 mg de sodium par heure et se mettre en difficulté s’il boit beaucoup trop. Un autre peut prendre une quantité raisonnable de sodium mais exploser parce qu’il ne boit pas assez sous la chaleur.


C’est pour cela que les besoins en sodium pour l’endurance doivent être intégrés dans un vrai plan nutritionnel, pas ajoutés comme une solution magique au dernier moment.

Les repères de départ pour la plupart des coureurs

Pour beaucoup de traileurs, un point de départ utile se situe entre 300 et 600 mg de sodium par heure sur les sorties ou courses de plus de 2 heures. Ce n’est pas une règle absolue. C’est une base pratique à tester.


On peut se rapprocher de 600 à 1000 mg par heure quand plusieurs éléments s’accumulent :

  • La course dure 4 heures ou plus.

  • Il fait chaud ou humide.

  • Des traces blanches apparaissent sur les vêtements.

  • La sueur a un goût très salé.

  • Le coureur transpire beaucoup.

  • Le plan repose surtout sur de l’eau plate.

  • Des maux de tête, des envies fortes de boire ou des sensations de faiblesse sont déjà apparus en fin de course.


Les pertes de sodium dans la sueur varient fortement selon les personnes. Chez des athlètes entraînés, des données publiées montrent des concentrations de sodium dans la sueur allant d’environ 300 à plus de 2300 mg par litre après conversion depuis les valeurs en mmol par litre. C’est pour cela qu’un plan copié sur un autre coureur peut tomber complètement à côté.


Pour les glucides, les repères restent essentiels. Environ 30 à 60 g de glucides par heure conviennent souvent pour des efforts de 1 à 2,5 heures. Sur des trails plus longs, beaucoup de coureurs gagnent à viser 60 à 90 g par heure, à condition d’avoir entraîné l’intestin. Le sodium doit soutenir ce plan, pas le remplacer.

La chaleur change complètement le plan

Randonneurs-coureurs sur un sentier aride de montagne, casquettes et sacs d’hydratation, sous un soleil écrasant.

La chaleur augmente souvent le débit de transpiration. Les longues montées produisent beaucoup de chaleur corporelle. Les descentes techniques ralentissent parfois le rythme sans vraiment diminuer l’effort. Un trail de 25 km par temps frais peut demander une stratégie assez simple. Le même trail par temps lourd devient une autre histoire.


L’erreur classique consiste à boire beaucoup plus parce qu’il fait chaud, sans ajuster le sodium ni vérifier les glucides. L’autre erreur consiste à prendre plus de sel tout en restant trop bas en liquide. La vraie question est plus concrète : qu’est ce que j’absorbe réellement par heure avec mes flasques, mes gels, ma boisson, mes aliments et les ravitaillements ?


Une adaptation simple consiste à ajouter 200 à 400 mg de sodium par heure par rapport à son plan habituel par temps frais, puis à tester cela à l’entraînement. Le jour de course n’est pas le bon moment pour découvrir qu’une forte dose de sodium ne passe pas.

Un exemple concret pour un trail long

Prenons une course de 5 heures en conditions douces à chaudes. Le coureur vise 500 ml de liquide par heure, 70 g de glucides par heure et environ 600 mg de sodium par heure.

Par heure, cela peut donner ceci :

  • 500 ml de boisson avec 40 g de glucides et 400 mg de sodium.

  • 1 gel avec 25 g de glucides et 100 mg de sodium.

  • Quelques bouchées salées ou une capsule d’électrolytes pour ajouter environ 100 mg de sodium si besoin.


Sur 5 heures, cela représente environ 2,5 litres de liquide, 325 g de glucides et 3000 mg de sodium. Ce n’est pas parfait, c’est une base structurée. Le coureur doit encore vérifier si 70 g de glucides par heure passent bien, si la boisson ne devient pas écœurante après 3 heures et si 500 ml par heure suffisent avec la météo réelle.


Pour une sortie fraîche de 3 heures, le même coureur peut descendre vers 300 à 400 mg de sodium par heure et boire davantage selon la soif. Pour un ultra chaud de 7 heures, il faudra peut être plus de liquide, plus de sodium et plus de variété pour éviter la lassitude gustative.

La digestion passe avant la théorie parfaite

Ravitaillement de randonneurs dans un village de montagne, près d’une église, avec montagnes verdoyantes en arrière-plan.

Un plan sodium magnifique sur papier ne sert à rien s’il provoque ballonnements, nausées, soif excessive ou impossibilité de continuer à manger.

Les capsules de sel sont précises, mais elles peuvent être agressives si elles sont prises avec trop peu d’eau. Les boissons très concentrées deviennent parfois difficiles à supporter après plusieurs heures. Les aliments salés sont utiles en ultra, mais ils peuvent rester sur l’estomac quand l’intensité est élevée. L’eau seule peut être agréable, mais s’appuyer uniquement dessus pendant des heures de forte transpiration n’est pas une stratégie très solide.


Le plus fiable est de tester le plan complet pendant les sorties longues :

  • Concentration de la boisson.

  • Timing des gels.

  • Timing des capsules.

  • Tolérance aux aliments réels.

  • Volume de liquide par heure.

  • Goût après 2, 4 et 6 heures.


Si les nausées arrivent souvent, il vaut mieux commencer par regarder la concentration de la boisson plutôt que supprimer directement le sodium. Si les crampes apparaissent, il ne faut pas accuser uniquement le sel. La fatigue musculaire, le rythme, la chaleur et la préparation physique peuvent aussi jouer.

Ravitaillements, poids du sac et réalité du terrain

Cinq randonneurs courent sur un sentier boueux en forêt tropicale, sous la pluie, avec vestes colorées et sacs.

Les trails ne se découpent presque jamais en blocs propres d’une heure. Un ravitaillement peut arriver après 45 minutes au début, puis le suivant après 2 heures. Une montée peut prendre plus longtemps que prévu. Le temps peut changer en altitude. Le plan doit donc garder une marge.

Avant la course, il vaut mieux découper le parcours par temps estimé entre les ravitaillements, pas seulement par distance. Ensuite, il faut vérifier ce que l’on peut réellement transporter :

  • Si le plan repose sur une boisson en poudre, il faut assez de poudre ou des flasques préparées.

  • Si le plan repose sur des capsules, il faut une méthode simple pour ne pas les oublier.

  • Si le plan repose sur les ravitaillements, il faut savoir si des options salées seront vraiment disponibles.

  • Si le plan repose sur la boisson de l’organisation, il faut connaître le sodium par portion et l’avoir testée si possible.


C’est là qu’un vrai plan devient utile. Il transforme une intention vague en chiffres que l’on peut vérifier avant le départ.

Comment appliquer cela avec Atalen

Atalen permet de construire un plan avec de vrais aliments, boissons et produits sportifs, plutôt qu’avec des estimations au hasard.

Vous pouvez définir vos objectifs par heure en glucides, liquide et sodium, puis comparer les options selon leur profil nutritionnel, leur portion, leur poids, leur goût et leur praticité. Par exemple, vous pouvez voir si votre boisson et vos gels couvrent déjà assez de sodium, ou s’il faut ajouter des capsules, des aliments salés ou changer de produit.


Après la sortie, vous pouvez noter ce que vous avez réellement consommé, connecter la course via Strava si utile, puis enregistrer l’énergie, la digestion, la lassitude gustative et la qualité d’exécution. C’est ce retour qui améliore le plan. Peut être que 700 mg de sodium par heure passaient bien sous la chaleur, mais que la boisson devenait trop sucrée après 3 heures. Peut être que l’objectif sodium était atteint, mais que les glucides étaient trop bas parce que les aliments étaient difficiles à prendre en montée.


Atalen est utile parce que la stratégie sodium ne tient presque jamais à un chiffre parfait. Elle consiste à préparer, tester, ajuster et apprendre de chaque sortie.

Conclusion

Le sodium compte en endurance, surtout en trail long, sous la chaleur et chez les coureurs qui transpirent beaucoup. La plupart des coureurs devraient partir d’une fourchette pratique, la tester à l’entraînement, puis l’ajuster selon la météo, la durée, la transpiration et la digestion.

Pour beaucoup d’efforts longs, 300 à 600 mg par heure est un bon point de départ. Par forte chaleur, en ultra ou chez les transpireurs très salés, 600 à 1000 mg par heure peut être plus cohérent. Le but n’est pas de tout remplacer. Le but est de soutenir l’équilibre hydrique tout en gardant assez de glucides et un ventre capable de continuer.

Commencez par les bases. Buvez assez, ne buvez pas trop, mangez assez de glucides et intégrez le sodium dans le plan au lieu d’en faire une correction de panique.

Sources

American College of Sports Medicine, Exercise and Fluid Replacement: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17277604/

Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada and ACSM, Nutrition and Athletic Performance: https://drugfreesport.org.za/wp-content/uploads/2018/04/Position-stand-on-Nutrition-Athletic-Performance-ACSM-2016-1.pdf

Sports Dietitians Australia, Nutrition for Exercise in Hot Environments: https://research-repository.griffith.edu.au/bitstreams/e9546adc-aa69-4a0d-af80-bcc8bcdd651a/download

Hew Butler et al, Exercise Associated Hyponatraemia 2017 Update: https://www.frontiersin.org/journals/medicine/articles/10.3389/fmed.2017.00021/full

McCubbin, Sodium intake for athletes before, during and after exercise: https://link.springer.com/article/10.1186/s44410-025-00011-9

Jeukendrup, Carbohydrate Intake During Exercise: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4008807/

 
 
 

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